Écrire pour guérir d’une épreuve : et si votre carnet était votre meilleur ami ?

Pour dépasser une épreuve de vie, rien ne vaudrait la présence attentionnée d’un proche. C’est en tout cas ce que vous devez entendre un peu partout. Malheureusement, dans la vraie vie, il en va parfois autrement. Aussi, dans ces moments difficiles où vous avez du mal à vous confier, avez-vous pensé à écrire pour aller mieux ? Si l’expérience vous semble intéressante, alors lisez bien ce qui suit, car vous allez en apprendre beaucoup sur cette pratique étonnante.

Que sait-on à propos des effets thérapeutiques de l’écriture ?

Écrire pour guérir : l’idée est très ancienne. Ainsi, Claude Galien (129–vers 201), le célèbre médecin grec qui soigna plusieurs empereurs romains, croyait déjà aux vertus curatives de l’écriture littéraire. Cette conviction était d’ailleurs partagée par beaucoup de ses contemporains.

Plus près de nous, Carl Gustav Jung pensait lui aussi que coucher sur papier ses états d’âme avait des effets bénéfiques sur la santé. Toutefois, il a fallu attendre la fin du siècle dernier, et l’étude menée par James Pennebaker en 1986 pour valider ces intuitions. Pour ce faire, ce psychologue américain de l’université du Texas répartit des sujets en deux groupes. Au premier d’entre eux, il imposa une séance d’écriture quotidienne à propos des pires événements de leurs vies pendant 20 minutes. Le second groupe, quant à lui, avait pour consigne de rédiger un texte banal sur la même durée de temps.

Au bout de six semaines, il fit passer des examens médicaux aux personnes testées. Les résultats indiquèrent une bien meilleure amélioration de l’état de santé général chez les sujets du premier groupe : baisse plus prononcée de la tension artérielle, renforcement plus important du système immunitaire1… À la suite de ces observations, James Pennebaker mit sur pied son propre protocole : l’écriture expressive.

Depuis, d’autres méthodes comparables ont vu le jour. On peut par exemple citer « la thérapie par l’écriture » créée par Jean-Yves Revault en 1992². Tout cela semble confirmer qu’écrire pour guérir est une piste à explorer. Afin d’en comprendre la raison, une précision à propos du fonctionnement de votre cerveau s’impose.

Pourquoi écrire sa douleur fait-il autant de bien ?

Lorsque vous êtes aux prises avec des traumas, la zone motrice du langage de votre cerveau, appelée aire de Broca, a tendance à se désactiver. Cela se traduit par une difficulté à trouver les mots pour les verbaliser. Ils restent alors enfouis au plus profond de vous. Et ils continuent leur travail de sape sur votre moral, votre bien-être et votre estime de vous-même.

Dans ces conditions, écrire à propos de vos souffrances vous sera d’une grande aide. Par ce moyen, vous avez de nouveau accès à ces parts d’ombre. C’est souvent ce que disent les personnes qui suivent les ateliers d’écriture que je propose ou l’accompagnement personnalisé à l’écriture de « l’Écriture et la Vie » pour réaliser leur biographie. Elles sont très surprises de voir remonter de vieux souvenirs cachés au plus profond de leur inconscient.

Ce processus, parfois douloureux dans un premier temps, vous aide ensuite à mettre vos obstacles intérieurs à distance. C’est comme si vous observiez l’existence de quelqu’un d’autre. De cette manière, vous trouvez plus facilement un sens aux événements difficiles que vous avez vécus (accidents, deuils, absence d’un proche, trahisons, etc.). Ce processus vous ouvre en grand les portes de la résilience.

Comment écrire pour aller mieux ?

Rassurez-vous, vous n’avez pas besoin d’être un écrivain de génie. Votre seule volonté d’être au clair avec vous-même suffira. Toutefois, respectez quand même les deux règles qui suivent si vous voulez avoir de bons résultats.

Ne jamais se censurer pour écrire une épreuve ou une douleur

Pour mener à bien cette démarche thérapeutique, cette première règle est capitale. Gardez bien à l’esprit qu’à moins que vous ne le souhaitiez, vos textes ne seront lus par personne. C’est à ce prix que vous décrirez vos épreuves de vie avec authenticité. Il vous sera alors facile de « dépoussiérer » les profondeurs de votre âme, avec ses blocages, traumas et autres blessures.

Être régulier dans l’écriture

Cette deuxième règle est tout aussi importante si vous voulez rédiger des récits de vie allant au fond des choses. Prévoyez donc des plages horaires régulières pour cette expérience d’introspection à l’écrit. Considérez ces moments comme des rendez-vous chez un psy. Il s’agit d’un travail au long cours. Ce sera donc la répétition qui donnera des résultats.

Ces moments de retour en vous grâce à votre plume peuvent aussi se faire dans le cadre d’ateliers d’écriture comme celui de « ­‎­l’Écriture et la Vie ». Si vous appréhendez d’entreprendre cette démarche en solitaire, ils vous permettront de vous lancer dans un cadre stimulant. Je propose des sessions plusieurs fois par mois sur des thématiques ­différentes. C’est un espace bienveillant, sans jugement, où la parole est libre. Pour réserver une place, rendez-vous sur la page du planning des ateliers

Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : en plus d’être efficace pour guérir de ses blessures intérieures, l’écriture introspective est une incroyable source de plaisir. C’est un peu comme un beau voyage « au pays de soi-même ». Et mieux vous connaîtrez cette contrée, plus vous serez en paix. Pour cette raison, je vous propose sans plus attendre de programmer votre prochaine séance. Alors, c’est pour quand votre première expérience d’écriture thérapeutique ?

Notes :

1. Parution des résultats de cette étude : J.W. Pennebaker, S.K. Beall, « Confronting a traumatic event : Toward an understanding of inhibition and disease », Journal of Abnormal Psychology, n° 95, 1986, p. 274-281

2. Auteur de l’ouvrage « Écrire pour se guérir » en 1996 (Éditions les Trois Fontaines)

Merci à Philippe Navarro pour la rédaction de cet article.

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